Jessaye Blogspot Radio

DJ Hip Hop remarquable et remarqué par Mr. Dibbs dès 1995, il aura fallu presque deux décennies à John Doe - et deux mixtapes catégorie Premium - pour faire enfin parler de lui. Normal me direz-vous avec un blase à ce point synonyme d'anonymat. Il était donc plus que temps pour Tales From The Crate de se pencher sur le cas de ce soldat inconnu de la culture turntabliste made in USA. Entretien.


(see below for english version)

Tales From The Crate - Tu es l'auteur des mixtapes « Popular Fallacies » et « The Last Amateur » , deux des meilleurs mixs Hip Hop que j'ai entendu ces derniers mois, et pourtant tu restes relativement inconnu. Comment l'expliques-tu ?

John Doe - Beaucoup de gens ne connaissent pas mon travail en effet, mais c'est dû en grande partie au fait que je me considère comme le Dernier Amateur ! Je ne suis pas du tout un professionnel du deejaying. Je n'ai jamais bénéficié du soutien d'un label et je ne suis associé à aucun groupe sinon le collectif 1200 Hobos de Mr. Dibbs. Dans ces conditions, je ne suis pas étonné que peu de gens me connaissent.


TFTC - Pourquoi ce surnom « The Last Amateur » ?

John Doe - C'est un nom qui me va bien. J'ai commencé à me faire appeler ainsi dès mes débuts et je continue. C'est une bonne définition de moi. C'est vrai que je suis le dernier amateur : aujourd'hui, tout le monde semble s'être professionnalisé sauf moi (rires) ! Je ne joue pas très souvent, j'ai peu de dates, je ne pars pas en tournée et j'ai un autre emploi - crois-le ou nom mais je suis chimiste. Comme je l'ai dit, je ne suis pas très connu, mais les gens qui s'intéressent vraiment aux mixtapes Hip Hop, au Turntablism ou au Scratch, ceux-là me connaissent.

TFTC - Quelles sont tes racines musicales ? Qui t'a donné envie de passer derrière les platines ?

John Doe - Le premier DJ à m'avoir influencé a probablement été Mr. Mixx du 2 Live Crew. J'ai vécu en Floride à l'époque du lycée. Tu sais peut-être que c'est en Floride que le courant Miami Bass a connu son plus fort succès et tous les DJ's là-bas avaient une manière de scratcher extrêmement rapide, c'est vraiment ce qui m'a plu. Bien sûr j'adore Jazzy Jeff, Mix Master Ice, Premier ... mais la première influence, ce sont ces DJ's scratcheurs de Miami.
C'est peut-être difficile à croire mais je n'étais pas tellement impliqué dans la culture Hip Hop avant la sortie du « Paid In Full » de Eric B & Rakim. C'est là que j'ai vraiment commencé à m'intéresser au Hip Hop, au deejaying et à la manière d'associer des morceaux.


TFTC - Le tracklist de tes mixtapes est si riche et complexe qu'il me paraît évident que tu édites les morceaux que tu joues, pour les jouer ensuite sur un système DVS ... et en même temps j'ai un doute : alors comment travailles-tu ?

John Doe - Je n'ai même pas d'ordinateur dans mon studio. « The Last Amateur » et « Popullar Fallacies » ont été enregistrés sans l'aide d'aucun logiciel. J'enregistre en analogique, uniquement à l'aide de disques vinyle. J'ai peut-être samplé ce qui me manquait depuis quelques cassettes mais pour l'essentiel, j'utilise disons 98% de vinyles.
En fait je ne possède même pas de Serato. Je n'en ai jamais utilisé. Et c'est peut-être là un point important : pas le fait que j'utilise ou non un Serato, mais c'est la raison pour laquelle je me fais appeler le dernier amateur : la plupart des gens avaient l'habitude de mixer sur support analogique, puis ont découvert le Serato est ses possibilités mais moi je ne jouait pas vraiment de toute façon ! Je n'avais vraiment pas besoin de changer pour le DVS. C'est peut-être aussi pour cela que la mixtape « The Last Amateur » n'a pas reçu beaucoup d'attention, les gens s'intéressaient plus aux trucs genre mash up, moins au turntablism comme moi je l'aime et le pratique.

TFTC - Veux-tu dire que ton travail est moins apprécié aux États-Unis ?

John Doe - J'ai entendu dire qu'outre Atlantique, vous aimiez le Hip Hop d'une manière différente, comme moi je l'aime. Je commence à croire que c'est vrai.

TFTC - A l'écoute de ton travail, on constate la vitesse à laquelle tu rentres et sors les morceaux. Est-ce important pour toi ? Pourquoi ?

John Doe - De mon point de vue, si tu laisses les morceaux trop longtemps, ça donne l'impression que ça se traîne, c'est ennuyeux, alors je préfère jouer très vite, dire ce que j'ai à dire, montrer ce que j'ai à montrer, et passer au chapitre suivant.

TFTC - A ce rythme là n'as-tu pas peur de manquer de morceaux (rires) ?

John Doe - J'ai essayé de faire les comptes une fois, je me suis arrêté aux alentours de 250 morceaux. Je n'ai pas la patience de m'asseoir ici et de compter combien de disques j'utilise mais je ne crois pas qu'il faille s'inquiéter ! J'ai assez de matériel inédit pour m'attaquer à de nouveaux mixtapes comme mes deux précédentes, pourtant parfois j'ai la sensation que le public s'en moque, que ça n'intéressera personne. J'aimerai beaucoup m'atteler à un nouveau projet mais ma manière de travailler est vraiment chronophage vu que j'ai un emploi régulier. Ça prend du temps de sortir un CD.

TFTC - Le deejaying est-il toujours une sorte de loisirs ? C'est difficile à croire ...

John Doe - Et pourtant oui, il y a de ça (rires) ! Même si ces derniers mois, j'ai été pas mal contacté à propos de « The Last Amateur » et de « Popular Fallacies ». C'est étrange parce que « The Last Amateur » a plu de six ans !! Je l'ai créé tout seul et j'ai fait du mieux que je pouvais. Je ne comprends vraiment pas pourquoi ces derniers mois les gens s'y sont intéressé à ce point. Parfois j'ai l'impression que j'ai fait cette mixtape pour genre, cinq personnes dans le monde (rires).

TFTC - Ta biographie officielle débute avec ta rencontre avec Mr. Dibbs et le collectif 1200 Hobos. Peux-tu nous en parler ?

John Doe - Étant donné que j'aime le Hip Hop, j'avais bien entendu parlé de Mr. Dibbs et par chance, je l'ai rencontré. Il vit dans la même ville que moi et je n'en avais même pas idée ! Il m'a invité chez lui - j'avais du mal à y croire ! Je savais un peu scratcher, il m'a vu faire, m'a écouter puis il m'a dit « ça y est, tu es des nôtres, tu es un Hobo ». Moi j'étais genre « Wahou ! Je fais partie du truc maintenant ». C'était en 1995.

TFTC - Peux-tu nous parler aussi de l'émission de radio que vous avez ensuite eu ensemble ?


John Doe - C'était une émission sur une radio associative. Nous jouions du Hip Hop indépendant et parfois, on prenait les platines pour scratcher. Nous avons fait ce show pendant trois ans et j'ai adoré voir Dibbs derrière les platines, être au contact d'un bon DJ te rend meilleur.

TFTC - C'était un genre de camp d'entraînement pour toi (rires) !?

John Doe - Oui (rires) ! Il y a du vrai dans ce que tu dis !! Beaucoup de gens sont venus au studio, ça m'a appris à gérer le stress en face d'un public et j'y ai amélioré mon scratch. Quand tu te retrouves à coté d'un DJ doué, tu peux ressentir son énergie dans tes propres scratchs.


TFTC - Je crois savoir que tu as aussi tenté l'aventure DMC ... c'est exact ?

John Doe - Oui, j'ai participé au championnat DMC ici, à Cincinnati en 1999. C'était ma première battle. Je n'ai pas gagné mais c'était une bonne expérience. J'ai rencontré des gens, j'ai pu me présenter, certaines personnes se sont souvenues de moi par la suite. Ça m'a beaucoup aidé.

 
TFTC - As-tu des vidéos de tes routines, en live ou à la maison ?

John Doe - Je pense que j'ai une cassette vidéo quelque part mais il faudrait la numériser. Mais j'en ai une : mon deux minutes et mon six minutes. C'est là quelque part au studio, attendant d'être numériser. Je le ferai peut-être, je n'ai pas honte de mes routines même si c'était il y a longtemps. Mais d'abord il faut retrouver la cassette (rires).



TFTC - Toujours à propos de vidéo, j'ai découvert le clip de ton morceau « Nowhere To Run » ...

John Doe - Non ! Tu as vu ça aussi (rires) !? C'est moi à l'usine. J'avais cette vidéo en tête depuis longtemps, je l'avais imaginé dans le détail alors quand j'ai eu l'occasion de la réaliser, je n'ai pas hésité. Et voilà le résultat.

TFTC - On a déjà évoqué la vitesse à laquelle tu mixes mais il y a autre chose qui m'a frappé dans tes travaux : c'est le souci d'offrir une narration. Pourquoi est-ce important pour toi ?

John Doe - Bien sûr que c'est important. Si je peux revenir sur quelque chose dont nous parlions plus tôt, j'aimerai ajouter qu'outre les DJ's, c'est le fait d'écouter des mixtapes, tout spécialement celles qui fonctionnaient pour moi. J'écoutais et je me demandais pourquoi le DJ faisait ci ou ça, pourquoi il mixaient tel morceau avec tel autre. Quand j'ai eu la chance d'enregistrer ma propre mixtape, j'ai repris toutes ces idées que j'avais eu. J'ai lu quelque part qu'un bon DJ doit être capable de raconter une histoire avec les disques qu'il joue. Ce n'est pas tout à fait vrai. Je pense que si tu joues 25 morceaux, tu ne racontes rien, si tu mixe comme j’essaie de le faire, là tu racontes une histoire. Ça fait une grosse différence.

TFTC - Qu'est-ce qu'une performance live par John Doe ?

John Doe - Just turntables and records. Des platines et des vinyles. Ces deux dernières années, ma seule date a été une sorte de mini showcase que j'ai fait pour mon anniversaire. J'ai décidé de proposer un mix de vingt minutes où je n'ai utiliser que du vinyle, j'y ai mis du beatjuggling, j'y ai mis du scratch, j'y ai mis des body-tricks ... c'est comme ça que je vois un DJ set live.
Le truc c'est que si tu joues pour du public, j'aime quand mon set ressemble à ce que je propose dans mes mixtapes. Je n'aurai jamais la patience de simplement jouer des morceaux quatre heures durant. C'est une particularité bizarre mais quand je propose un showcase, je veux retrouver les sensations d'une routine DMC : les disques sur les platines, des stickers (repères autocollant servant de repères permettant au DJ de retrouver certains sons sur le disque -ndlr), pas besoin d'utiliser ton casque ... c'est comme ça que j'aime ça !
Et si tu as bien écouter ma façon de mixer, cette rapidité dans l'enchaînement des morceaux, c'est ce que j'attends d'un DJ set.
Tu sais, je fais peu de dates, j'ai mon emploi quotidien même si j'essaye de consacrer le plus de temps possible au deejaying, et puis parfois tu te dis que tu n'intéresses personne. Peut-être que l'attention que j'ai reçu ces derniers mois m'encouragera à persévérer.
 
TFTC - Peux-tu me donner des nouvelles des autres Hobos ?

John Doe - Dibbs vit à Cincinnati comme moi mais je le vois rarement. Les autres vivent tous aux États-Unis je crois mais j'en connais en fait très peu. J'ai presque toujours travaillé seul, c'est pourquoi on ne trouve pas de collaborations avec les autres membres du collectif. Dibbs vit à quelque chose comme vingt kilomètres et pourtant nous nous voyons très peu.
 
TFTC - Quelle est la suite pour toi ? Des dates, des mixtapes, des projets ? Et où peut-on suivre tout ça ?

John Doe - Je suis sur Bandcamp, je suis sur Facebook, vous pouvez me suivre sur ces sites. Le prochain projet est une compilation de quelques productions personnelles avec des rappeurs ou des scratchs que je crois personne n'a encore entendu.
Je commence à savoir ce que je veux pour la prochaine mixtape, presque une « Popular Fallacies » volume deux. Mais je n'ai pas travaillé dessus ces derniers mois. J'ai toujours beaucoup de matière première pas encore utilisée, beaucoup de choses que je n'ai pas pu inclure dans les mixtapes précédentes.


TFTC - Merci du temps que tu nous a accordé ...

John Doe - Pas de problème, j’apprécie tous les soutiens. Vraiment. Je veux dire : jamais je n'aurai imaginé ... sérieusement, quand « The Last Amateur » est sorti, personne n'a semblé s'y intéresser.
Je me disais : « Ok, c'était marrant » et pas plus. Et maintenant, je reçois des messages de partout à propos de mes travaux, du coup je suppose que les gens me sont passé à coté lors de la sortie des mixtapes et qu'ils y reviennent. Je suis heureux que les gens s'y intéressent et j'aime bien me dire que c'est peut-être mérité. Quoiqu'il en soit c'est une bonne leçon de vie.




Tales From The Crate - You're the guy who made two amazing mixtapes called « Popular Fallacies » and « The Last Amateur » but you're still pretty anonymous. How do you explain that ?

John Doe - A lot of people are unfamiliar with my material most likely because I am the « Last Amateur » ! I'm not a professional DJ by any means. I didn't get a big push because I wasn't signed on any label, I wasn't associated with any groups, except for Mr. Dibbs' 1200 Hobos so I'm not kind of surprised that a lot of people are not familiar with me.

TFTC - Why this nick name you gave yourself, « The Last Amateur » which is also the name of one of your mixtapes ?

John Doe - I felt that the last amateur was a good title for myself, I used it when I started and I kept it. It's a good way to describe myself. It's true that I'm The Last Amateur : everyone these days seems to have gone professional in some sense, except for me (laughs) ! I'm really not deejaying that much, I don't have a lot of gigs, I don't go on tour and I have a regular job - believe it or not, I'm a chemist. As I said, a lot of people aren't familiar with my work but people who really are into Hip Hop mixtapes, Turntablism, scratch and everything, they know me.

TFTC
- What's your musical roots ? Your first influence ? Who pushed you behind the decks ?

John Doe - I would say my very first influences as a DJ was probably Mr. Mixx from 2 Live Crew. I used to live in Florida when I was in high school. You maybe know that Florida was the place the Miami Bass became really big and all the DJ's down there were scratching really fast and that what cought me. Of course I love Jazzy Jeff, Mix Master Ice, Premier ... but my main influence is Miami's DJ's.
Believe it or not, I wasn't really involved into Hip Hop culture before, I mean I was definitely interested in Hip Hop but probably not until Eric B & Rakim's « Paid In Full » came out. That was when I really started to get interested in Hip Hop, in deejaying and thinking how I can put things together.

TFTC - Your mixtapes' tracklist is so rich and complex that it's sounding like you obviously make edits, playing it with digital vinyl system but ... I don't know, how are you working ?

John Doe - No, I don't even have a computer in my studio. « The Last Amateur » and « Popullar Fallacies » were recorded without using any kind of computer software. I recorded in analog, only with vinyl records. If I don't have something, I probably sampled it from a cassette but for the most part, I used maybe 98% vinyls.
I don't even own a Serato or something. I never used it. And that's the thing ! It's not about the fact I want use a Serato or not, but that's why I'm calling myself the last amateur : people used to play analog and then they discovered new way to play with Serato but I wasn't playing at all ! There were no need to me to move over to Serato. That's maybe a reason why « The Last Amateur » mixtape didn't get that much attention, because people are more intersted by mash up and things like that, than turntablism and things like I was doing.

TFTC - Do you mean that your work isn't appreciate so much in the US ?

John Doe - I heard someone saying that overseas, people like Hip Hop the way I like Hip Hop. And I think that's true, I really do.

TFTC - It seems very important for you to blend tracks in and out really fast. Why ?

John Doe - In my opinion, if you let anyone go too long, it just seems like it might be dragging, it's boring, so I want to play pretty fast, say what I wanna, show what I wanna show and move to the next chapter.

TFTC - Aren't you afraid to not have enough tracks to make the next mixtape (laughs) !

John Doe - I tried to count my records once, and I stopped before the end around 250 tracks, I won't have patience enough to sit here and count how many records I use but I think you don't have to be scared ! I still have enough material to do another project like those two mixtapes but sometimes I'm not really sure there are people who are looking for it. I would love to make another mixtape but the way I do things is so time consuming because it's not my regular job. It takes me quite a while to put a CD out.

TFTC
- Is deejaying still a kind of hobby ? It's hard to believe ...

John Doe - Yes, there is still a part of it (laughs) ! Even if whitin the last two or three months, people are really been contacted me about « The Last Amateur » and « Popular Fallacies ». It strange because « The Last Amateur » is six years old !! I putted it out by myself and I did the best I could. I don't really know why in the past few months, people asked me to speak about and seemed very intersted in. Sometimes I feel that I made that CD's for maybe five people in the wolrd (laughs).

TFTC - Your official biography begins by your meeting with Mr Dibbs and the crew 1200 Hobos. Could you tell us about ?

John Doe - Because I like Hip Hop, I heard about Mr. Dibbs of course and by chance I met him. He lives in the same city as me and I have no idea ! I was invited to his house - I couldn't believe it ! I knew how to scratch a little bit, he saw me scratching and said « you're in, you're a hobo ». I was like « Wah ! I'm part of it now ». I met him in 1995.

TFTC - Could you speak me about the radio show you did run with Mr. Dibbs and the other Hobos ?

John Doe
- It was a community radio show. Basically we played underground Hip Hop and sometimes we took the turntables to scratch. We did the show together for three years and I loved to see Dibbs on turntables because when you scratch with a good DJ, it makes you better.

TFTC - Could I say this show was a kind of training camp for you ?

John Doe - Yeah (laughs) ! I guess you're right !! Many people who were coming to the studio, it teached me to not being nervous in front of people and made my scratch better. When you're with another skilled DJ, you can feel his energy when you're scratching too.

TFTC - Is that right that you participated to the DMC world championship ?

John Doe - Yes, I did the DMC here in Cincinnati in 1999. That was my first big battle. I didn't win but it was a good experience. I met people and introduced myself, then people knew who I was. It helped me a lot.

TFTC
- Do you have some video from then or did you record your routine ?

John Doe -
I think I have a VHS video tape somewhere but I still have to digitise it. But I do have it : my two minutes and my six minutes. It's here in the studio, somewhere, waiting to be digitise. Maybe I'll do it, I'm not ashamed of my routines even if it was years ago, but I have to find the tape first (laughs).

TFTC - Speaking about video, I also found a clip for your track « Nowhere To Run » ...

John Doe - No ! You saw that too (laughs) !? That's me at my job. I had the idea for this video, I planned it out in my head for a long time so when I had time and everything I didn't hesitate. And that's the result.

TFTC
- We aready spoke about how fast you are to blend tracks in and out but there is something else I felt in your mixtapes, it is the will of narration. Is that important for you to tell stories in your works ?

John Doe - Of course yes. If I can back up a little bit, I would like to say that aside from DJ's, the biggest influence for me to make mixtapes was listenning mixtapes that worked very good. I mean when I was listenning mixtapes I asked myself « why did he do this ? Why did he do that ? Why did he mix this with that ? » When it was my chance to record mixtapes, I putted all these ideas I got before. I also read somewhere that a good DJ is able to tell a story with the records he plays. That's kind of true, that's kind of not true. I think that if you play twenty-five songs, that's really not telling a story, if you do the way I do, that's telling a story. There's a huge difference, you know.

TFTC - What is a live performance by John Doe ?


John Doe - Just turntables and records. In the last couple of years, the only thing I did is a kind of short showcase for my birthday. I decided to do a twenty minutes set and I used only vinyls, I did juggle, I did scratch, I did body tricks ... that's the way I do live DJ set.
The thing is if I play out live, I like it to sound a little bit like my mixtapes. I don't think I have the patience to playing songs for four hours. I know it's a weird thing of mine but if I'm doing a showcase, I want to have the feel of a DMC routine : records on turntables, everything is marked, you don't use headphones ... that's what I like to do ! And if you listen my mixtapes and the way I play songs in and out so fast, that's the way I want to play a DJ set.
You know, I really don't do a lot of gigs, I have a regular job and even if I try to dedicate as much time as I can to deejaying, and sometimes I feel that the audience isn't there. Maybe all this attention I got the last couple of months will change how I feel about it.

TFTC
- Can I have some news from other Hobos ?

John Doe - Dibbs lives here in Cincinnati also but I see him very rarely. The other Hobos are living in the United States but I don't really know a lot of them. I pretty much record by myself all the time, that's why my mixtapes are most often just about me. Dibbs even live in the same city than me, there maybe only twenty miles between us but I don't see him very often.

TFTC - What's next ? Gigs ? Project ? Next mixtapes ? And of course where could we find you on internet ?


John Doe - I'm on Bandcamp, I'm on Facebook, check me out there. Next project is a compilation of some things I did by myself, I actually produced a few songs with different MC's from here and with scratches I think people never heard me do. I have a kind of concept for another CD, almost a kind of « Popular Fallacies » number two. But I haven't really progressed with that in the last past months. There is still a lot of material I never used in my mixtapes, a lot of outtakes too.

TFTC - Thank you to give us a little bit of your time ...

John Doe - No problem, I appreciate all the support. Really I do. I mean, I wouldn't never tought ... Ok seriously, when « The Last Amateur » came out, no one seemed to be interested. I was like : « Ok, it was fun » nothing more. And now, I receive a lot of emails and a lot of contacts about it so I guess a lot of people missed it the first time around. It's amazing, I'm happy that people checked me out and I like to think it's maybe deserved. Anyway it's a lesson.


Thanks to John Doe for his smile, time and skillz.


Interview by Reverend D, by phone, April 21st 2013.



Rarely has radio been quite so authentic.

In previous generations, it was enough to have a ‘voice on a stick’ as one of my colleagues used to call it. That smiling deep disc jockey voice, broadcasting seemingly from a parallel mid-Atlantic world.

Now – you tune in and you hear real life. Presenters opening up about themselves, their hopes, dreams and personal problems. Never before has radio’s conversation with its audience been quite so honest.

Jolly radio stunts used to be enough – usually at the expense of listeners – or random presenter silliness which frequently attracted little audience recognition or recall. Now, it’s altogether more authentic.

When Greg James called off his ‘Pedal to the Peaks’ owing to unprecedented weather conditions his disappointment on air was palpable.  One imagines, maybe unfairly, that had such a stunt been conducted through TV, a convenient conclusion might have been engineered. But this was radio.

“So. We can’t continue to Ben Nevis. So. Errr.  I can’t even. I don’t know really. I don’t really know how to talk about it”, said a crestfallen Greg as Adele hugged him audibly. That might seem an odd quote to cite from a radio programme. But – his voice and the pauses said all they needed to. Listeners knew exactly how he felt – and it was real.

Your best mate tried something – and it went a bit wrong. You like your best mate all the more for having a go.

When Claire from Capital Drivetime in the East Midlands mounted her Triple Marathon for Global’s Make Some Noise, you couldn’t help but care. Someone you felt you’d grown to know on the radio was trying something hugely outside her comfort zone – 80 miles of running. 

As she struggled through the final of the three finishing lines, the listeners eavesdropped on what she simply would have said to her best friend had she been in their arms rather than those of Tom, her supportive co-presenter. “Every day I thought I couldn’t do it’ she sobbed.  More recently, Ben Sheppard at Capital North West has similarly been running his 150 miles in 5 days.

Authenticity doesn’t mean an absence of production values.  They are all the more important if the listener is going to care a jot. Producing the challenge in such a way that the listeners witness all the stages of the real journey - with all its ups and downs – and they’re kept close enough to the action to care. Even the most casual of listeners needs to know who you are, what you are doing, what stage you are at - and the reason for YOU doing it. And your co-presenters need to know when to shut up and let the reality breathe.

Good social media plays its part too – and presenters of music-intensive shows can deepen the  listener involvement – and enhance the noise - through savvy use of parallel media. Great radio station digital media features people - not pictures of mixing desks and playout systems.

Voices too are now more natural, more authentic. No longer are the blokes on radio trying too hard to sound oddly deep.   I was fascinated to read the findings of one psychologist recently, who suggest that the voices of (male) world leaders have moved higher in range in recent generations (Blair/Clinton) making them sound more empathetic – rather than  booming artificially.

At the end, the listener relationship is deepened. They know one more thing you cared about. And if it didn’t go according to plan – your vulnerability is exposed – and the listener’s trust in you grows.

An undeniable societal change has become evident. People are now beginning to open up more about how they feel. Whether it’s women who’ve just had enough of the way they are treated – or men opening up about their sexuality or an illness which was once never spoken of.  Maybe it’s not surprising that radio, the most trusted and intimate medium of all, is playing its part too.

Stephanie Hirst chose radio to speak of gender dysphoria, and Iain Lee has famously used his own programme on TalkRADIO to explain how he really felt at a moment in time “It’s miserable and I feel weird after Australia. My head’s all over the place”.  

James Whale spoke of his kidney cancer - and, more recently, his wife's illness: "I have to be honest', said James his voice, thinner and less rasping than usual, "I have been living with the fact that Melinda, my wife, has had stage 4 lung cancer".

The audio blogs from the Media Show's Steve Hewlett were so quietly powerful on Radio 4's PM as he sought to conquer his oesophageal cancer - and Jenni Murray announced at the end of a Woman’s Hour programme in 2006: “I shan’t be around in the new year - because I’ve just been diagnosed with breast cancer.”

As presenter contracts end, the goodbyes too are now heartfelt.  It’s now commonplace for talent to announce their own imminent on-air demise - and then often go on to conduct their own ‘funeral’. The listeners are left in no doubt as to how they feel.  “You have given us the most privileged job in the World”, croaked an emotional Louise as Andy & Louise announced theirdeparture from Signal 1. Wise programmers know that sometimes it can be better to allow the teary goodbyes these days.

And away from the problems – I still cherish the radio moment on the then Xfm Manchester, with Tim Cocker and Jim, when Jim told on the breakfast show of becoming a dad for the first time. The fact that he moved from laddy gags - to tears - in the course of two minutes was powerful to hear – because that’s what blokes do.

Radio interviews too now, in the best hands, can also be much more candid than before.  Witness Martin Lewis's conversation on BBC5Live with Tony Livesey about the death of Martin's mother. "The great joy of having my own daughter - and wife has become mummy can mother's day finally become something that I can actually cope with.." 

Pauses are fine. The reassurances from presenters. The cracking voice of the interviewee. Our medium is currently generating some of the most honest and emotional content it has ever done.

Can you go too far? The listeners will decide. Can it create powerful radio – yes.

Can it actually do some greater good too – certainly.

It’s another distinctive achievement for this wonderful old trusted thing called radio - when in the hands of the best communicators and their most gifted producers.

In this arguably more compassionate decade, on balance at least, we have moved away from taking the piss out of listeners to something much more powerful. As ‘radio’ forges its own future, as distinct from music streaming services, watch this space.








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